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La Caverne du dragon pendant la Première Guerre mondiale

Cette caverne appartenait aux français puis aux allemands et français. Elle était assez organisée, elle servait à stocker les munitions, la nourriture, les soldats et l’eau. Elle contenait pharmacie, bloc opératoire, puits d’eau… C’est pour conforter leurs positions sur le plateau du Chemin des Dames que les Allemands lancent une attaque victorieuse sur la caverne le 25 janvier 1915 : ils se trouvent désormais à six-cents mètres de la première ligne française et quatre-vingt mètres au-dessus.

Ce poste avancé est alors protégé et aménagé : les Allemands y amènent l’électricité et le téléphone, un puits y est creusé et une chapelle est même édifiée. Enfin, ils relient la Caverne avec les lignes arrières par l’intermédiaire d’un tunnel. Ainsi, en cas d’attaque, les renforts et les munitions arrivent rapidement et sans encombres tandis que les blessés sont évacués.

Stèle en souvenir des morts de la 164e division au-dessus de la caverne du dragon.

Le 16 avril 1917, lors de l’assaut de l’offensive Nivelle, les hommes sortant de la Caverne du dragon prennent à revers les Sénégalais qui s’étaient lancés à la conquête de l’isthme d’Hurtebise. Les Sénégalais sont désorientés et cèdent à la panique : cela met un coup d’arrêt à leur avancée. L’existence de nombreuses creutes reliées à l’arrière par des tunnels est une des explications de l’échec brutal de l’offensive.

Les Français, après plusieurs attaques en avril et mai 1917, tiennent quelques tranchées au niveau de l’isthme de l’Hurtebise. Le 25 juin, la 164e division d’infanterie est chargée de mener une nouvelle attaque pour contrôler l’ensemble de l’isthme et, si les circonstances le permettent, d’occuper la sortie nord de la Caverne du dragon. En préparation de cette attaque, les Français envoient des gaz asphyxiants dans les entrées sud de la grotte et prennent les Allemands au piège. L’assaut est mené à 18 heures par le bataillon Lacroix du 152eRI – le régiment des Diables Rouges – et le bataillon Moréteaux du 334e Régiment d’Infanterie. Les nids de résistance sont nettoyés aux appareils lance-flammes Schilt. Dans leur progression, les troupes françaises repèrent trois descentes permettant d’accéder à la grotte. L’exploration des boyaux révèle la présence de troupes allemandes qui, après négociation, acceptent de se rendre. « Le chiffre des prisonniers dénombré atteint 340, dont 10 officiers » (communiqué du 27 juin). Cette passe d’armes est alors célébrée comme une grande victoire militaire en France.

La caverne est inscrite au titre des monuments historiques en 2006

 

Le Chemin des Dames se situe dans le département de l’Aisne entre Laon, Soissons et Reims, en France. Il est entré dans la mémoire collective pour avoir été le théâtre de plusieurs batailles meurtrières de la Première Guerre mondiale. Son nom vient des Dames de France Victoire et Adélaïde, filles de Louis XV.

La RD 18 CD est une route départementale française, connue sous le nom du Chemin des Dames, reliant d’ouest en est les 25,9 km séparant Aizy-Jouy de Corbeny entre l’Ailette au nord et l’Aisne au sud.

La RD 18 CD traverse dix-huit villages dont sept ont été totalement ou partiellement détruits et classés en zone rouge en 1923. Sur ces sept villages, deux ont été reconstruits sur un autre emplacement du territoire de leur commune : Cerny-en-Laonnois et Craonne et cinq ont fusionné avec une commune voisine. Parmi les cinq villages qui ont fusionné, trois avaient été totalement détruits : Ailles (dont il ne reste qu’un champ) a été réuni à Chermizy. Courtecon (dont seule une chapelle a été reconstruite sur l’emplacement de l’ancienne église) a été réuni à Pancy et le hameau de la Vallée-Foulon de Vauclerc-et-la-Vallée-Foulon (dont il ne reste qu’un crucifix) a été réuni avec le village de Oulches, alors que le village qui entourait l’abbaye de Vauclair (dont il ne reste plus que les ruines) a été réuni à la commune de Bouconville. Deux villages avaient été partiellement détruits : Beaulne-et-Chivy (dont il subsiste quelques maisons), a été réuni à Vendresse et Crandelain-et-Malval (dont il ne reste que quelques maisons) à Colligis. Quelques fermes qui furent l’enjeu de batailles célèbres de la Première Guerre ont été reconstruites, telle que la ferme d’Hurtebise ; d’autres, la ferme Saint-Martin, la Malmaison, la Royère ou Malval, ne le furent pas.

 

 

Les ruines de l'abbaye. Source photo : domaine publlic

En arrivant de Bouconville-Vauclair, les ruines de l’abbaye de Vauclair s’élèvent au bas du versant Nord du Chemin des Dames.

Le site de Vauclair s’inscrit approximativement au centre de ce “triangle mystique”, où se rejoignent les confins des anciennes provinces prestigieuses de l’Ile-de-France, de la Champagne et de la Picardie.

 

Situées au bord de la D886, sur la gauche, en arrivant de Bouconville-Vauclair, les ruines de l’abbaye de Vauclair s’élèvent au bas du versant Nord du Chemin des Dames.

Les ruines de l'abbaye de VauclairLes ruines de l’abbaye de Vauclair. Source : SGA/DMPA – JP le Padellec

L’abbaye de Vauclair appartient à l’ordre de Cîteaux qui suit la règle de saint Benoît dans toute sa pureté primitive, en rejetant tous les adoucissements ajoutés au cours des siècles, en particulier en ce qui concerne les jeûnes et le travail manuel. L’abbaye de Vauclair est fondée au diocèse de Laon (actuellement celui de Soissons), au XIIe siècle, à la demande de l’évêque Barthélémy de Jur, noble figure et remarquable fondateur d’abbayes.

 

Le 23 mai 1134, saint Bernard envoie un groupe de moines de sa communauté de Clairvaux vers la nouvelle fondation de la vallée de l’Ailette à laquelle il donne le nom de Vauclair (Vallis clara) qui est celui même de l’abbaye-mère (Clara vallis). La nouvelle maison est, comme l’abbaye mère, située dans une vallée orientée d’Est en Ouest pour rester dans la lumière du soleil toute la journée.

 

L’abbaye de Vauclair prospère rapidement. Plusieurs seigneurs de la région, en particulier Gérard Enfant et Gautier, comte de Roucy, ainsi que sa femme Ermengarde, comptent parmi les bienfaiteurs de l’abbaye naissante, dont Barthélémy de Jur, l’évêque de Laon confirme la fondation en 1141.

 

Au lendemain de la Révolution française, l’abbaye est mise aux enchères et adjugée à très bas prix à un maréchal d’Ardon, le 9 octobre 1791, et transformée en exploitation agricole.

 

Elle est classée en 1911 avant d’être réduite à l’état de ruines lors de l’offensive d’avril 1917.

 

Complètement abandonnés et se dégradant rapidement, les vestiges mutilés de l’abbaye de Vauclair étaient voués à une ruine complète mais en 1965, un moine cistercien, le Père Anselme Dimier, soutenu par l’Office Départemental du Tourisme et la Direction de l’Architecture et de la Circonscription archéologique, entreprend des travaux pour retrouver le plan de l’église et redonner vie aux ruines.

 

En 1966, il rencontre le Père Courtois qui décide de diriger des fouilles archéologiques sur l’emplacement de l’abbaye grâce au travail d’environ 200 jeunes étudiants européens travaillant bénévolement pour une mise en valeur des sites historiques.